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t é l é o l o g i e o u v e r t e
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Téléologie moderne et
courants de pensée dominants |
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| II – Le contournement de Hegel | ||||||
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I. |
Critique de la connaissance | |||||
| 1. De la philosophie à la néophilosophie | ||||||
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La grandeur des humains
est la capacité de créer de la pensée, c’est-à-dire tout ce qui est.
Ainsi, la pensée naît d’elle-même. Le flot, le jet, le mouvement, le
sens de cette puissance sont érigés et animés par les humains eux-mêmes,
d’abord dans leur ensemble indifférencié, puis dans la cristallisation
de leur individualité. |
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| 2. Connaissance en général et connaissance particulière | ||||||
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La connaissance, l’Erkenntnis,
est devenue une plate-forme fétiche de la néophilosophie, et c’est en
tant que telle qu’elle mérite une analyse critique. |
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| 3. La connaissance comme constat | ||||||
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La scission de la
conscience avec l’esprit – l’acte qui manifeste proprement la conscience
– est le constat. Le constat est une proposition de la conscience sur
une partie de la pensée générale, l’esprit. Le constat n’est pas
toujours une formulation (il peut être clin d’œil, geste, pensée
simplement appuyée mais volatile), mais il est toujours une saisie par
la conscience d’une partie de la pensée générale. Le constat est la
traduction en pensée particulière d’une partie de la pensée générale.
Cette opération est « plus lente » que la pensée générale, et au moment
du constat, ce qui est constaté n’est déjà plus en l’état du constat. Le
constat est la manifestation de la contradiction entre la conscience,
comme pensée particulière, et l’esprit, comme pensée générale. Le
constat est un choix radical et souvent complexe : il est le choix de la
partie de l’esprit considérée et l’attribution à cette partie de
déterminations très nombreuses et d’ordre très différents. Il va sans
dire que la synthèse que constitue un constat est opérée très vite et
que, s’il est l’affirmation de l’indépendance d’une conscience, il n’en
reste pas moins soumis à une foule d’influences et de pensées issues de
la médiation qu’est la pensée généralisée. |
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| 4. Connaissance et conservation | ||||||
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a) La conservation de la connaissance est une activité collective
La conservation est un moment capital de la pensée, qui semble avoir été
très peu théorisé dans la philosophie, pas seulement parce que c’est un
moment apparemment passif alors que la philosophie occidentale assimile
la pensée à une activité. Pour la conservation de la connaissance, il
s’agit en effet de soustraire une pensée consciente à la conscience,
mais de telle manière qu’elle puisse être réactivée par la conscience,
telle qu’elle était au moment de la soustraction. C’est là une
entreprise qui nécessite des dispositifs complexes et rodés. En vérité,
la difficulté, très bien illustrée par les mythes religieux de la
résurrection ou de l’imam caché des chiites duodécimains, est double :
comment plonger un constat conscient dans l’inconscience ? Et comment le
retrouver avec la conscience ? b) Fonction de la conservation La
connaissance conservée se présente comme une somme de savoirs dans
l’usage d’un but éventuel. Mais ces savoirs conservés contribuent à
former une norme, l’amas complexe et composite des réglementations
humaines qui tolèrent même la contradiction, ce qui entérine d’ailleurs
que la contradiction fait partie de la norme. Un constat naît « dans une
tête », ensuite, soit il reste dans cette tête unique, soit il est dans
le même moment réfléchi par la pensée générale existante, vérifié
théoriquement donc : le nouveau constat est confronté à l’édifice des
constats déjà conservés. C’est cette agglomération de constats
conservés, dans la structure dans laquelle ils sont conservés, qui fait
loi, et qui permet de juger le nouveau constat. L’ensemble des constats
conservés constitue une sorte de référent de la vérité théorique. La
connaissance conservée est donc un bloc qui représente le genre humain
dans la confrontation et la validation de chaque nouveau constat. Un
nouveau constat n’est admis que dans la mesure où il renforce cette
connaissance générale conservée, soit qu’il l’approuve, soit qu’il la
complète. Une cohérence, certes discutée, un bloc référent mais mouvant,
un tout qui permet de juger et de hiérarchiser chaque nouveau constat
s’est ainsi aggloméré au long de l’histoire. c) Connaissance et certitude La
connaissance, hypothèse sur l’esprit, est un moyen de mettre en œuvre le
projet de l’humanité. Elle est une méthode possible de réutilisation
projective de constats. Ne serait-ce que par sa nocivité en tant
qu’obstacle à l’esprit, cette hypothèse mérite d’être reconsidérée. En
tout cas, la place relative de son utilité et de son usage nécessite
urgemment d’être précisée par une assemblée générale du genre humain. |
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| 5. Connaissance et projet | ||||||
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La fin de la connaissance
est le projet. Autant dans l’acception de finalité que dans l’acception
de fin pratique, la connaissance aboutit à sa fin, au projet. La
connaissance n’a pas d’utilité propre, en soi, c’est le projet qui lui
donne son sens. La connaissance n’est pas un but, mais un moyen : il n’y
a de connaissance que pour quelque chose. Si la connaissance dépasse son
projet, alors c’est que le projet n’a pas été réalisé. Mais l’humain ne
sait pas envisager de projet sans constat, et sans réutilisation de
constat. Sans connaissance, il n’y a pas de projet. Car le projet est
l’expression d’insatisfaction devant ce qui est constaté, la
proclamation d’insuffisance du constat. |
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| 6. Importance de la théorie de la connaissance dans les théories du début du XXe siècle | ||||||
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a) Fascination pour la connaissance Cette
extension de la connaissance jusqu’à ce qui n’a pas de limite est un
penchant de la philosophie qui n’a pas été critiqué, mais repris avec
enthousiasme par les spécialistes des sciences dites exactes, par toute
la néophilosophie, qui a contribué à promouvoir cette hypertrophie, et
même par la théorie qui se voulait « révolutionnaire ». Du spécialiste à
l’ignare, en passant par le dilettante, la connaissance a été sacralisée
dans tous les domaines que la conscience pouvait prendre pour objet. A
la surface de cette unanimité positive, il y a une fascination pour ce
concept singulier parce que ce sac à dos de la conscience apparaît comme
pouvant contenir toute la pensée. Mais au fond du fétichisme de la
connaissance, il y a l’avantage qu’elle confère dans une société qui
l’idolâtre dans les disputes d’intérêt. Car la connaissance est
principalement un outil de division entre les humains. Cet outil marque
des différences et des territoires, confère de l’autorité et son cortège
de places honteuses et de titres, justifie des discriminations et des
choix, justement lorsque le débat entre les humains est suspendu ou
écrasé. Plus les conservateurs peuvent empêcher le débat sur l’humanité,
plus la connaissance sert d’arme dans les disputes. Et, en effet, en
tant qu’arme, la connaissance sert et structure la conservation. b) Connaissance et savoir
Connaissance et savoir sont aujourd’hui différenciés selon les écoles de
pensée qui utilisent ces termes. A la connaissance, par exemple, on
niera la nécessité de l’intersubjectivité, ou on exigera qu’elle
contienne de la nouveauté, ou on l’assimilera à une réflexion sur
l’expérience. Mais au fond, ce sont les Anglais qui ont le mieux résumé
ce qui nous intéresse : ils utilisent le même mot pour connaissance et
savoir. Knowledge nie toute différence entre connaissance et savoir. c) Courants de pensée néophilosophes Les deux
principales tentatives de doter la pensée en expansion subite d’une
nouvelle façade, les deux principales tentatives de contenir en façade « philosophique » l’explosion de la pensée des révolutions française et
russe, les deux principales tentatives de s’interroger sur la façon, sur
la manière, sur la forme, sont la néophénoménologie, et la
néophilosophie dite analytique. Il y a, dans ces deux approches sur
comment aborder cette montagne qui nous échappe, un acharnement, une
détermination farouche, une fermeture par rapport à toute démarche
autre, que le but ne justifie plus, et c’est sans doute ce qui a tant
contribué à ce que ces théories restent des théories de spécialistes,
avec de petits fan-clubs de dilettantes, qui parfois se dissolvent au
rythme des nouvelles modes intellectuelles, parfois au contraire
s’enracinent dans des postures défensives, bien après que la théorie
qu’ils soutiennent en connaisseurs qui se croient privilégiés a perdu
toute crédibilité parmi les spécialistes mêmes.
II. La néophénoménologie
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Texte de 2008 |
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